Adresse Physique
France,120 Avenue du Marquisat 31170 Tournefeuille/ Côte d'Ivoire, Abidjan Yopougon, Maroc
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Avez-vous déjà observé une ruche en pleine activité et vous êtes-vous demandé comment ces milliers d’abeilles coordonnent leurs actions avec une telle précision ? Comment font-elles pour retrouver les meilleures fleurs ? Comment décident-elles ensemble de construire de nouvelles alvéoles ou de déménager vers un nouveau site ? La réponse tient en un mot : communication. Et croyez-moi, leur système est bien plus sophistiqué que vous ne l’imaginez.
Contrairement à nous qui utilisons des mots, ou aux dauphins qui communiquent par clics, les abeilles ont développé leur propre méthode de communication extrêmement élaborée. Elles doivent constamment échanger des informations sur l’emplacement de la nourriture, la qualité des sites potentiels pour la ruche, les dangers qui rôdent, et une multitude d’autres sujets essentiels à la survie de la colonie.

Les abeilles domestiques utilisent trois méthodes principales pour se parler : le toucher, les phéromones, et la fameuse danse frétillante. Chacune de ces méthodes joue un rôle crucial dans le fonctionnement harmonieux de la ruche.
La première méthode, et sans doute la plus facile à comprendre, est le toucher. Les abeilles se touchent mutuellement avec leurs antennes pour s’identifier les unes les autres. C’est un peu comme une poignée de main rapide qui leur permet de reconnaître les membres de leur famille.
Ces antennes sont également couvertes de minuscules poils remplis de terminaisons nerveuses sensibles aux fréquences de vibration. Grâce à ces capteurs ultra-sensibles, les abeilles peuvent détecter le danger et savoir quand quelque chose ou quelqu’un les touche. Vous comprenez maintenant pourquoi elles sont si méticuleuses pour garder leurs antennes impeccablement propres !

Les abeilles utilisent aussi leurs pattes de manière très précise pour mesurer la taille des cellules du rayon de cire. Cette capacité est absolument cruciale pour construire ces alvéoles hexagonales parfaites que nous admirons tant. Lorsqu’une abeille touche un objet avec ses antennes, elle peut même sortir sa langue pour le goûter et obtenir encore plus d’informations.
La deuxième méthode de communication des abeilles repose sur les phéromones, ces substances chimiques qui portent des messages olfactifs. Chaque ruche possède son propre parfum unique, une sorte de signature olfactive qui permet aux abeilles d’identifier instantanément les membres de leur famille. C’est comme si chaque colonie avait son propre code secret.
La reine produit ses propres phéromones spéciales qui jouent un rôle absolument central dans la vie de la ruche. Ces phéromones royales empêchent les autres femelles de pondre des œufs, ce qui maintient l’ordre social de la colonie. Elles attirent également sa couvée vers elle et signalent à toute la ruche qu’elle est vivante et en bonne santé. Quand la reine libère ces phéromones, c’est un message clair qui encourage le reste de la colonie à rester productive.

Les bourdons, par exemple, utilisent particulièrement cette méthode de communication par phéromones. Au lieu de danser pour transmettre leurs découvertes, ils effectuent une série de courses tout en battant des ailes. Ce battement diffuse les parfums de l’endroit d’où ils reviennent, ce qui excite les autres ouvrières et les incite à suivre la piste.
Certaines phéromones servent aussi de système d’alarme. Si les abeilles détectent un danger, elles libèrent une phéromone d’alerte qui sent, croyez-le ou non, la banane ! C’est pour cette raison que les apiculteurs évitent de manger des bananes pendant la saison apicole. Cette phéromone de peur met immédiatement toute la ruche en état d’alerte.
Mais c’est sans doute la danse frétillante qui représente la méthode de
communication la plus unique et la plus fascinante connue dans la nature.
Lorsqu’une abeille ouvrière revient d’une mission de butinage réussie
— après avoir collecté du nectar qui deviendra du miel — elle ne garde
pas l’information pour elle. Non, elle danse pour partager sa découverte
avec ses sœurs !
💡 D’ailleurs, si vous vous demandez comment ces abeilles transforment
ensuite ce nectar en délicieux miel, découvrez le processus fascinant de fabrication du miel depuis la collecte du nectar
jusqu’à l’operculage des alvéoles.
Il existe deux principales danses alimentaires. La première, appelée « danse ronde », concerne les sources de nourriture situées à moins de 50 mètres de la ruche.
L’abeille danseuse se déplace en effectuant une série de cercles étroits pour indiquer aux autres ouvrières la direction de la nourriture. Elle fait ensuite demi-tour et marche dans la direction opposée en suivant le même cercle, répétant ce mouvement plusieurs fois. Elle peut même ajouter un petit frétillement en tournant, et la durée de ce frétillement indique la qualité du champ de fleurs découvert.
Pour une source de nourriture plus éloignée de la ruche, les abeilles exécutent une danse frétillante en forme de huit. Cette danse extraordinaire a été découverte et nommée en 1940 par Karl von Frisch, un scientifique qui a révélé au monde ce mouvement spécial permettant aux abeilles de communiquer l’emplacement précis de la nourriture et du nectar.
La danse frétillante implique de vibrer et de bourdonner avec les ailes. L’intensité du frétillement, visible dans l’abdomen de l’abeille, indique exactement à quelle distance se trouve la source de nourriture. L’abeille oriente également son corps par rapport au soleil pour pointer dans la direction de la source alimentaire.

Ce qui est encore plus remarquable, c’est que cette danse se déroule principalement dans l’obscurité totale de la ruche ! Les autres abeilles suivent les mouvements en touchant la danseuse avec leurs antennes et en sentant les vibrations. C’est un peu comme si notre système nerveux central devait interpréter des informations complexes dans le noir complet.
Puisque plusieurs abeilles arrivent et relaient leurs découvertes, la ruche « vote » ensuite sur le site le plus viable en fonction du nombre d’abeilles qui se joignent à la danse frétillante et de son intensité. Dans le cas de la sélection d’un nouveau site de ruche, les abeilles ne déménageront que lorsqu’une décision unanime aura été prise. C’est une véritable démocratie en action !
Pour comprendre pleinement la communication des abeilles, il faut aussi savoir comment elles voient le monde. Les abeilles voient les couleurs comme la plupart des insectes, mais elles ne distinguent pas très bien le rouge. Pour elles, une fleur parfaitement rouge apparaîtra noire.
En revanche, les abeilles voient les rayons ultraviolets que les humains ne peuvent pas percevoir. Les fleurs qui nous semblent avoir des couleurs uniformes peuvent être marquées de lignes et de motifs ultraviolets qui guident les abeilles directement vers l’endroit où le nectar ou le pollen est concentré. C’est comme si les fleurs avaient des panneaux indicateurs invisibles à nos yeux mais parfaitement clairs pour les abeilles !
Cette capacité accélère considérablement le processus de collecte de nourriture et permet aux butineuses de retourner rapidement à la ruche pour informer les autres.
Il est intéressant de noter que les abeilles solitaires, celles qui ne vivent pas en colonie, ont développé d’autres moyens de communication. Comme elles n’ont pas besoin de coordonner leurs actions avec des milliers de sœurs, elles utilisent plutôt les vibrations et les sons.
Les femelles créent des vibrations bourdonnantes pour guider les mâles dans leurs tunnels souterrains. Les mâles, quant à eux, produisent un bourdonnement faible pendant la saison des amours pour augmenter la réceptivité des femelles. Les abeilles peuvent aussi créer un bourdonnement collectif pour empêcher les autres de bouger en cas de danger, et elles bourdonnent fort lorsque des prédateurs ou des humains s’approchent trop près de leur nid.
Oui, vous avez bien lu. Les abeilles communiquent aussi avec nous, les humains. Ce bourdonnement que nous associons tous aux abeilles change en fonction de leur humeur. Si les abeilles se sentent menacées ou en détresse, leur intensité et leur volume augmentent. Quand elles sont calmes, le bourdonnement est plus doux et plus lent.
La première chose qu’un apiculteur expérimenté fait lors d’une inspection de ruche est d’écouter. Si les abeilles semblent « heureuses », il sait qu’il peut continuer sans inquiétude. Si elles semblent « en colère », il peut choisir de revenir un autre jour. Perturber des abeilles déjà anxieuses ou contrariées est un moyen garanti de se faire piquer.
Et en parlant de piqûres, c’est une autre façon dont les abeilles nous parlent. Elles ne piquent que lorsqu’elles se sentent menacées. Si elles perçoivent que la couvée ou la nourriture peuvent être en danger, elles piqueront. Mais elles nous avertissent d’abord avec le changement de bourdonnement. Si nous n’écoutons pas cet avertissement, alors vient la piqûre.
Chaque abeille femelle ne pique qu’une seule fois et meurt en conséquence, ce qui montre à quel point elles prennent au sérieux la défense de leur colonie. Si nous tenons compte de l’avertissement et reculons, nous ne serons pas piqués. Les abeilles domestiques, contrairement aux abeilles africanisées, ne poursuivent pas et ne suivent pas les intrus. Une fois qu’elles savent que le danger s’éloigne, elles retournent au travail et se calment progressivement.
Pour bien comprendre cette communication complexe, il faut connaître les trois types d’abeilles dans une ruche :
Les reines sont responsables de la ponte des œufs, de la régulation de l’activité de la ruche et de l’essaimage. Vivant en moyenne un à deux ans, la reine produit des phéromones qui affectent le comportement de toutes les autres abeilles. Il n’existe qu’une seule reine par colonie.
Les faux-bourdons (ou drones) sont les seuls mâles de la ruche et sont responsables de la reproduction. Plus grands que les ouvrières mais plus petits que la reine, ils représentent 10 à 15% de la population. Une fois matures, ils s’envolent pour s’accoupler avec des reines vierges, puis meurent après l’accouplement. Les faux-bourdons qui ne parviennent pas à s’accoupler retournent à la ruche jusqu’à la fin de l’été, puis sont expulsés et laissés à mourir de faim ou de froid pendant l’hiver.
Les ouvrières ne vivent en moyenne que cinq à sept semaines mais représentent 80 à 99% de la colonie. Ces femelles ne se reproduisent pas mais jouent plusieurs rôles tout au long de leur vie : nettoyage de la ruche, réception de la nourriture des butineuses, et enfin butinage pour collecter nourriture, eau et résine.
Les apiculteurs qui comprennent la manière dont les abeilles communiquent entre elles et avec nous ont généralement plus de succès et, surtout, apprécient beaucoup plus leur expérience. Comprendre comment elles se parlent rend chaque visite à la ruche d’autant plus excitante et fascinante.
La communication chez les abeilles est comparable à celle d’animaux beaucoup plus avancés. Dans le monde des insectes, elles possèdent sans conteste le système de communication le plus sophistiqué que nous connaissions. C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles l’apiculture est une activité si enrichissante et inspirante.
La prochaine fois que vous verrez des abeilles bourdonner autour de fleurs, prenez un moment pour réaliser l’incroyable ballet de communication qui se déroule sous vos yeux. Ces petites créatures se parlent, se guident mutuellement, prennent des décisions collectives et coordonnent des milliers d’actions simultanées. C’est une véritable démocratie en miniature, où chaque voix compte et où l’intelligence collective permet à la colonie de prospérer.
Les abeilles nous apprennent que la communication ne nécessite pas nécessairement des mots. Parfois, un mouvement, une odeur ou un simple toucher suffit pour transmettre des informations complexes et vitales. C’est une leçon fascinante de la nature sur l’importance de rester attentif aux signaux qui nous entourent, même les plus subtils.
SOURCES :
Comment éduquer son chiot à la propreté (méthode validée)